Pourquoi les réseaux sociaux ont-ils autant de succès ?

Un peu d’honnêteté : nous, informaticiens (du libre), considérons ces services comme le degré zéro de l’informatique : tout intégré, tout centralisé, tout simplifié. Ben oui mais c’est (en partie) notre faute si ça marche.

Analyse

Facebook/Linkedin/Google+ c’est quoi, si je le dis avec “nos” mots ?

  • Un mini-blog où chacun peut raconter sa vie ou partager des liens
  • La syndication de ce blog avec un réseau de contacts
  • Une messagerie
  • Une messagerie instantanée
  • Une messagerie de groupes
  • Des galeries de photos partageables
  • Un agenda partagé
  • Des jeux
  • Une API pour intégrer tout ça dans des sites web

Ce n’est sûrement pas exhaustif mais pas loin.

Ça ne vous rappelle rien ?

Moi, tous ces services m’en rappellent d’autres, autrement plus fiables, configurables, puissants, décentralisés et sûrs.

Alors on peut se lamenter sur le fait que le monde se crétinise, que les gens sont de moins en moins exigeants, de plus en plus perméables à (ou au moins passifs vis-à-vis de) la publicité ou le respect de leur intimité, que le “paraître” importe plus que l'”être”, que les médias ne proposent quasiment plus de contenu, que la réflexion est presque devenue taboue…

On peut s’interroger cinq minutes sur “à qui profite le crime” mais la réponse tient facilement dans quelques pages de 1984 ou du meilleur des mondes pour ne citer que ceux deux-là.

Mais il reste quelques faits :

  • les “gens” ressentent un besoin pour ce type de plate-forme : échanger avec leurs contacts
  • les outils qu’on (FB, G+) leur fournit satisfont la plus grosse partie de ce besoin
  • ces réseaux sociaux n’apportent qu’une solution low-cost

Une réponse politique du logiciel libre

Si j’exprime ces besoins de mon point de vue, voilà ce dont je voudrais disposer, ce qui existe ce que je connais et ce qui manque :

  • Un blog pour m’exprimer. Mes amis/contacts/suiveurs peuvent s’abonner à mes articles publics grâce à un protocole simple (RSS) mais les obliger à ouvrir un compte pour des publications restreintes dont je maîtrise la portée est une contrainte inacceptable. La publication de liens externes (avec récupération d’une photo, d’un en-tête, etc.) n’est quasiment pas possible (peut-être un plugin ?)
  • Une messagerie : le mail est une solution à peu près parfaite : je peux préparer mes mails, joindre des fichiers, des liens, archiver, classer, rechercher, etc. Reste le problème du manque d’anonymat de mon adresse et donc du fait que je ne peux pas bloquer certaines personnes “en amont” (je dois éventuellement les bloquer sur mes clients de mail -mon ordi, mon téléphone- et sur mon webmail).
  • La messagerie instantanée telle que proposée par Jabber remplit tous mes besoins. Reste le problème d’avoir une liste commune de contacts, de blocage, etc.
  • Pour la messagerie de groupe qui, telle qu’elle est fournie par FB, ressemble à un mail avec plusieurs destinataires où le “répondre à tous” est l’action par défaut est transposable avec du mail. Il manque les mécanismes propres aux newsletters (des mailing-lists dont les destinataires ne se “voient pas”) ou à sens unique (pouvoir recevoir mais pas émettre).
  • Les photos ne sont qu’un type particulier d’articles et les galeries une interface de consultation.

Si je synthétise tout ça :

  • il existe des protocoles libres, ouverts et standardisés pour tous ces services
  • il existe des clients légers (web) et lourds (OS-dépendants) pour tous ces services
  • il ne manque qu’un système d’annuaire permettant un filtrage des contacts dans les deux sens (je choisis qui je vois et qui me voit) sur lequel tous ces outils s’appuieraient. Le projet diaspora* a peut-être une partie de la solution.

Conclusion

L’adversaire est de taille (les valorisation boursières de Facebook et Google étaient respectivement de 100 et 250 milliards de dollars en 2012) et les réponses sont politiques.

On a à peu près toutes les briques à notre disposition pour construire le réseau social optimal (fiable, configurable, puissant, décentralisé et sûr). On pourrait utiliser des applications dédiées ou un outil centralisé, fonctionner “en ligne” et/ou sur son ordi, choisir une présentation “standard” ou la présentation choisie par l’auteur de ce qu’on lit ou notre propre présentation.

La balle est dans notre camp.

 

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